27 Nov 2020

LA BVD : UN IMPACT DE LA MALADIE MIEUX MAITRISE…

Depuis plusieurs années, le GDS 64 a fait de la lutte contre la BVD une priorité. En effet, après avoir mis en place le dépistage par PCR à l’introduction en 2005 (avec une prise en charge à 100 % pour ses adhérents) ainsi qu’un sondage sur lait de tank, pour les éleveurs adhérents laitiers et mixtes, en 2008 ; un dépistage sérologique généralisé est proposé aux cheptels allaitants depuis 2015, avec une prise en charge financière intégrale pour les éleveurs adhérents au GDS. Plusieurs facteurs ont induit ces choix.

 

UN COUT POUR LES ÉLEVEURS, DIFFICILE A SUPPORTER

A l’échelle individuelle, les coûts de la BVD sont importants pour l’éleveur touché. Sans compter les IPI, qui généralement ne survivent pas, la BVD engendre une baisse de productivité, une augmentation des pathologies et de la charge de travail. La perte moyenne se situe autour de 8000€ en élevage laitier et plus de 3000€ en élevage allaitant.

Ces coûts se répercutent généralement sur la caisse sanitaire bovine (voir encadré). En effet, avant la mise en place de ces actions, la BVD représentait une part non négligeable des dépenses engendrées dans ce cadre. En 2006 par exemple, les demandes d’indemnisations liées à la BVD représentaient 69 dossiers (sur 219 examinés) et près de 45% de dépenses du budget global. Il s’agissait de la première maladie traitée en nombre de dossiers, loin devant toutes les autres.

 

UNE VOLONTÉ NATIONALE

Depuis 2015, une réflexion a été engagée au niveau national en faveur d’une mise en place d’un plan d’éradication contre la BVD. Un arrêté ministériel fixant les mesures de surveillance et de lutte contre cette maladie est d’ailleurs paru le 1er août 2019 et constitue donc une première étape vers l’éradication commune de cette maladie.

Ce contexte a donc également été pris en compte dans le choix de la stratégie à adopter. En effet, ne connaissant pas précisément le taux d’élevages positifs à cette période, le GDS 64 a souhaité commencer à engager une démarche de dépistage volontaire, afin d’avoir une idée de la circulation virale sur le département, et pour faciliter la gestion future du plan national, en commençant à assainir les cheptels positifs, et en diminuant le taux de séroprévalence.

Plus globalement, l’objectif était de sensibiliser les éleveurs sur les risques liés à la maladie en essayant de « prévenir plutôt que de guérir » et sur les obligations à venir, afin de mettre en place des plans de lutte avant l’apparition des contraintes règlementaires.

Lors de la mise en place du dépistage généralisé contre la BVD en 2015, le GDS 64 a pu constater, dès la première année, qu’il y avait une réelle prise de conscience de l’intérêt de ce dispositif, de la part des éleveurs et des vétérinaires (et plus largement de l’ensemble de la filière), puisque près de 80% des élevages avaient initié une démarche de dépistage.

Cette participation, qui est restée soutenue, a permis de passer de 16% d’élevages positifs à moins de 10% aujourd’hui, avec un nombre de nouveau cas (incidence) qui avoisine 4% en 2020.

Aujourd’hui, ces actions préventives ont permis de faire progressivement diminuer les dépenses liées aux dossiers de pertes de la caisse sanitaire bovine, passant de 45% en 2006, à 15% en 2019. En parallèle, on notera toutefois une augmentation des ouvertures de plans (35% d’ouverture en 2018 ; 75% d’ouverture en 2020), particulièrement depuis la parution de l’Arrêté ministériel qui rend leur mise en place obligatoire, et donc une augmentation des dépenses sur ce poste.

La mise en place précoce de plans de lutte, suite au dépistage départemental permet d’intervenir en amont et dans la plupart des cas d’éviter ou de limiter les pertes d’élevages. Cela a d’ailleurs pu être constaté en comparant les différents dossiers CSB ouverts ces dernières années.

 

En effet, on remarque une baisse sensible du nombre de dossiers ouverts dans le cadre de la caisse sanitaire bovine, passant de plus de 200 dossiers examinés annuellement jusqu’en 2010, à moins de 100 en 2019 et 2020. En parallèle, on constate d’une part que la BVD n’est plus la première cause d’ouverture de dossiers, et que les élevages qui subissent des pertes liées à la BVD sont moins touchés qu’auparavant, avec un nombre de pertes par dossiers moins élevé.

Le nombre d’élevages avec des pertes importantes a sensiblement diminué au fil des années, passant de 8 à 10 dossiers traités annuellement jusqu’en 2010, à 1 et 4 en 2019 et 2020. De plus, ces « gros dossiers » sont globalement moins importants en terme de nombre de pertes qu’auparavant.

LA CAISSE SANITAIRE BOVINE : COMMENT CA FONCTIONNE ?
La caisse sanitaire bovine intervient lors de l’apparition sur un troupeau bovin, de pertes liées à un épisode infectieux à caractère imprévisible. La plupart des maladies non règlementées sont éligibles. Pour ouvrir un dossier, l’élevage doit justifier d’un minimum de 2 pertes ou plus de 1200 € de préjudices.

La mise en place de ce type de dossier s’effectue à la demande de l’éleveur ou de son vétérinaire directement auprès du GDS 64.

Une fois le dossier constitué, il est examiné en comité de gestion.

Les frais de diagnostics sont pris en charge à 80% du coût HT.

Une aide sur les pertes peut être octroyée, si l’élevage dépasse un seuil de prise en charge.

Cette caisse est financée par une cotisation spécifique appelée sur la facture du GDS, qui varie selon 3 options :

  • Option 1 : 0,60 € / bovin cotisant
  • Option 2 : 1,20 € / bovin cotisant
  • Option 3 : 1,80 €/ bovin cotisant

Le Conseil Départemental participe également activement à l’abondement de cette caisse par le biais de subventions.

Cliquez-ici pour de plus amples informations sur la Caisse Sanitaire Bovine

La caisse sanitaire bovine intervient lors de l’apparition sur un troupeau bovin, de pertes liées à un épisode infectieux à caractère imprévisible. La plupart des maladies non règlementées sont éligibles. Pour ouvrir un dossier, l’élevage doit justifier d’un minimum de 2 pertes ou plus de 1200 € de préjudices.

La mise en place de ce type de dossier s’effectue à la demande de l’éleveur ou de son vétérinaire directement auprès du GDS 64.

Une fois le dossier constitué, il est examiné en comité de gestion.

Les frais de diagnostics sont pris en charge à 80% du coût HT.

Une aide sur les pertes peut être octroyée, si l’élevage dépasse un seuil de prise en charge.

Cette caisse est financée par une cotisation spécifique appelée sur la facture du GDS, qui varie selon 3 options :

  • Option 1 : 0,60 € / bovin cotisant
  • Option 2 : 1,20 € / bovin cotisant
  • Option 3 : 1,80 €/ bovin cotisant

Le Conseil Départemental participe également activement à l’abondement de cette caisse par le biais de subventions.

Cliquez-ici pour de plus amples informations sur la Caisse Sanitaire Bovine

ET DEMAIN… ?

Le plan national d’éradication de la BVD vient donc prendre le relai de l’action départementale depuis 2019. De fait, l’ensemble des éleveurs de bovins sont désormais dépistés (adhérents et non adhérents), et dans l’obligation de mettre en place un dispositif d’assainissement bien défini. Les objectifs sont multiples :

  • Stopper les pertes sanitaires et économiques de la BVD,
  •  Assurer la sérénité des éleveurs dans leur travail,
  • Assurer la valorisation commerciale des bovins en relation avec l’évolution des exigences sanitaires de la BVD en France et à l’étranger.

Le travail important engagé jusqu’alors prend donc toute son importance dans la gestion actuelle et future de ce nouveau protocole. Ce dernier a aujourd’hui permis de réduire considérablement l’impact de la maladie sur les cheptels bovins du département. Cependant, pour arriver à l’objectif ultime d’éradication de la maladie, il sera nécessaire de poursuivre et d’intensifier les efforts engagés ces dernières années.

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