Les actions de la Tuberculose

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DE LA MALADIE

 

Avec près d’une vingtaine de cas de tuberculose par an, les élevages de notre département sont  fortement touchés par cette maladie. Bien que l’abattage sélectif permette à présent, sous certaines conditions, de déroger à l’abattage total, la découverte de cas de tuberculose dans son élevage reste souvent très traumatisant pour les éleveurs. Il ne faut pas baisser la garde et continuer à intensifier les dépistages, afin de pouvoir espérer l’éradication de cette maladie.

 

DEPISTAGE : ORGANISATION 2017/2018

Au vu de l’extension géographique des cas en 2016/2017, le comité départemental tuberculose a opté, avec l’accord de la DGAL, pour un élargissement de la zone à prophylaxie renforcée pour la campagne 2017/2018.

Parallèlement, une sensibilisation accrue de tous les acteurs terrains (vétérinaires et éleveurs) a été faite, notamment sur les bonnes pratiques de réalisation des intradermotuberculinations.

A partir de février 2018, le GDS 64 mettra à disposition des éleveurs, via les cabinets vétérinaires en ayant fait le souhait, un salarié ou un éleveur, afin d’aider dans la réalisation des tournées d’intradermotuberculinations comparatives.

Les élevages se situant en zone à risque tuberculose seront tous tuberculinés en IDC lors de la prophylaxie. Etant considérés comme à « risque épidémiologique fort », tous les bovins présentant un résultat non négatifs seront abattus et leurs nœuds lymphatiques (ganglions) seront analysés (abattage diagnostic subventionné à hauteur de 1900 € par l’état).

Si l’abattage diagnostic confirme la tuberculose, le cheptel est déclaré infecté et placé sous APDI.

Si l’abattage diagnostic ne confirme pas l’infection, un recontrôle IDC de tout le cheptel est demandé 42 jours après le départ des animaux réagissants, avant qu’il retrouve son statut indemne de tuberculose.

Les élevages se situant en zone blanche continuent leur prophylaxie triennale : en IDS pour les allaitants, en IDC pour les laitiers (afin de minimiser les réactions atypiques, faussement positives, très fréquentes en IDS chez les vaches laitières).

SURVEILLANCE DES ELEVAGES EN LIEN EPIDEMIOLOGIQUE

Lorsqu’un foyer de tuberculose est déclaré, la DDPP 64 réalise une enquête épidémiologique. La DDPP 64 remontant sur 10 ans dans l’historique des mouvements d’animaux avant la découverte de la tuberculose, les cheptels en lien épidémiologique (qui auraient vendu ou acheté des animaux au cheptel déclarant la tuberculose) peuvent être nombreux. Des contrôles en IDC sur tous les cheptels en lien sont réalisés.

BONNE PRATIQUE DE REALISATION INTRADERMO (IDS ou IDS)

Une intradermo doit être réalisée dans le derme de l’animal pour que son résultat correctement interprétable.

QU’EST-CE QU’UNE INJECTION INTRADERMIQUE ?Injection Intradermique

Il s’agit d’une injection très technique. Pour une réalisation efficace par le vétérinaire les animaux doivent bien être contenu.

LA CONTENTION EST DE LA RESPONSABILITE DES ELEVEURS

Le vétérinaire doit également pouvoir raser les animaux (en 1 ou 2 sites) et mesurer le pli de peau, avant l’injection en IDS ou IDC.

Lors de la visite de contrôle, les animaux doivent aussi être attaché pour permettre au vétérinaire de :

  • Toucher les sites d’injection
  • Mesurer les plis de peau s’il sent une réaction.

TuberculoseC’est la différence entre le pli de peau mesurer à J3 et celui mesuré à J1 qui permet de classer les animaux non-négatifs, douteux ou positifs (en IDC seulement). Le contrôle à J3 nécessite donc que les animaux soient rentrés et attachés.

 

Cliquer-ici pour télécharger le document « CONTROLE DE LA TUBERCULOSE BOVINE PAR INTRADERMOTUBERCULINATION – Un contrôle nécessitant une contention parfaite ».

 

GESTION DES RESULTATS NON NEGATIFS DE LA PROPHYLAXIE

En cas de suspicion en élevage la DDPP64 préviendra l’éleveur qui, selon qu’il soit classé en risque épidémiologique fort ou faible, devra appliquer le protocole suivant (à noter qu’une IDC non négative constitue toujours un critère de suspicion forte) :

FAUNE SAUVAGE – PROGRAMME SYLVATUB

BILAN DE LA CAMPAGNE

Les départements des Pyrénées-Atlantiques et des Landes sont au niveau 3 de la surveillance dans le cadre du plan national Sylvatub, ce qui implique l’examen, par les chasseurs, de tous les cervidés ou sangliers tués, la surveillance des blaireaux trouvés sur les routes et le piégeage et l’analyse des blaireaux autour des foyers.

 

RESULTATS DES ANALYSES DE PRELEVEMENTS SUR BLAIREAUX – SANGLIERS 

L’ensemble des acteurs font toujours appel à candidature pour :

  • Devenir piégeur agréé : des sessions de formation ont régulièrement lieu dans notre département.
  • Que des éleveurs signent des conventions avec des piégeurs agréés, afin de collaborer sur le terrain et d’éviter l’essoufflement des piégeurs (relevé quotidien des pièges posés à proximité des exploitations).

Le G. D. S. vous incite à vous engager dans l’un ou l’autre des dispositifs.

SUITE A DONNER AUX RESULTATS FAUNE SAUVAGE

Sur le programme Sylvatub, la concertation est permanente entre la DDPP 64, les piégeurs, les chasseurs, les lieutenants de louveterie et le GDS 64.

Dès que la position d’un terrier concerné par le blaireau positif est validée par les acteurs de terrain, il importe que soient informés le Maire de la commune, les délégués cantonaux et communaux, la fédération des chasseurs, l’association des piégeurs, le GDS 64 et le lieutenant de louveterie.

Le parcellaire autour du terrier est édité par la DDPP 64. Les délégués communaux concernés sont contactés par la DDPP 64 afin d’établir la liste des éleveurs de bovins ayant des parcelles pâturées mitoyennes de ce terrier.

Toutes les communes où un blaireau est trouvé positif sont placées en zone de prophylaxie renforcée.

 

DEROGATION ABATTAGE TOTAL  : LE PROTOCOLE D’ABATTAGE SELECTIF

Bien que l’abattage total reste la règle en cas de foyer avéré de tuberculose, la note de service du 4 juillet 2014 autorise, dans certains cas, sur demande de l’éleveur et après accord de la D.G.A.L., à  recourir à l’abattage sélectif.

Le protocole d’abattage sélectif étant relativement complexe et contraignant, l’éleveur en faisant la demande reçoit au préalable des explications précises sur les contraintes engendrées, lors d’une visite conjointe de la DDPP 64, du vétérinaire sanitaire de l’élevage et du GDS 64. Ces trois parties sont amenées à  donner leur avis à la D.G.A.L. sur la faisabilité du protocole dans l’élevage (isolement réalisable, moyens de contention pour les contrôles successifs…).

Le protocole d’abattage sélectif repose, après un premier abattage des animaux ayant un lien proche avec le ou les animaux porteurs de la tuberculose au sein du cheptel (mère, filles, cohorte…), sur la succession d’au minimum 3 contrôles de la totalité des bovins de plus de 6 semaines en I.D.S. et d’un dosage de l’interféron (les contrôles étant espacés de 2 à 6 mois).

Dès qu’un animal réagit à l’un des tests (I.D.S. et/ou interféron), il doit faire l’objet d’un abattage diagnostique. S’il est porteur de tuberculose, le contrôle est dit « défavorable » et le protocole repart au début ; s’il n’est pas porteur, le contrôle est dit « favorable », et le protocole d’abattage sélectif continue. Pour retrouver son statut « officiellement indemne », l’élevage devra justifier de trois contrôles successifs entièrement favorables, et avoir nettoyé et désinfecté ses bâtiments d’élevage.

 

LES CONTRAINTES DE L’ABATTAGE SELECTIF

Outre les avantages évidents pour les éleveurs désirant conserver la génétique de leur troupeau et ne pas voir la totalité de leurs animaux abattus, le protocole d’abattage sélectif est relativement contraignant et ne pourra pas être applicable à toutes les situations.

Le cheptel perd sa qualification pendant au moins 6 à 8 mois. De fait, il devra rester isolé :

  • Il ne pourra pas transhumer.
  • Les animaux ne pourront pas être vendus pour une autre destination que l’abattoir.
  • L’isolement doit être possible, avec notamment l’obligation de mettre en place des doubles clôtures, espacées de 4 mètres, sur toutes les parcelles mitoyennes de parcelles pâturées.
  • Les règles de biosécurité doivent être respectées:
    • Gestion de l’accès à l’eau dans les pâtures.
    • Mise en place de pédiluves.

Une période de mise à l’herbe assez longue doit être prévue, pour pouvoir désinfecter les bâtiments d’élevage en fin de protocole.

 

INDEMNISATION DE L’ETAT EN CAS D’ABATTAGE SELECTIF

Une expertise est réalisée avant le début du protocole, comme pour un abattage total.

Les experts doivent indiquer les valeurs des animaux par classe d’âge, pour permettre une indemnisation si, plus tard, les animaux sont abattus en cas de résultat positif aux dépistages successifs. Vu l’étalement du protocole dans le temps, les animaux peuvent être abattus à des stades physiologiques différents du jour de l’expertise. Leur  valeur économique est alors ajustée.

Vie de l’élevage pendant l’abattage sélectif : l’élevage doit être géré comme s’il n’était pas en abattage sélectif. Les broutards vendus en export doivent être élevés jusqu’à l’âge habituel de vente, mais partir exclusivement pour l’abattoir. L’état indemnisera la différence entre la valeur d’un broutard estimé par les experts et le prix de la viande payé par l’abattoir.

Cas particuliers de l’abattage des petits veaux (< 4 mois) dont les mères doivent être abattues car réagissantes : si l’éleveur n’a pas la possibilité de nourrir ces petits veaux, ils pourront être euthanasiés. La prise en charge financière de ces veaux est faite par le FMSE, à hauteur de 40 € par veau laitier et de 350 € par veau allaitant (cette règle vaut aussi pour les abattages diagnostiques).

 

AUDIT BIOSECURITE

Afin d’appuyer la demande de dérogation transmise à la D.G.A.L., un audit de biosécurité doit être réalisé dans l’élevage. L’objectif est de repérer toutes les pratiques à risque vis-à-vis de la tuberculose. Il faut éviter que le cheptel contamine d’autres élevages ou la faune sauvage, pendant la période d’assainissement, mais aussi empêcher sa propre recontamination les années suivant son assainissement. Les conseils donnés lors de cette visite permettent d’améliorer la biosécurité des élevages et de se prémunir contre beaucoup de maladies infectieuses (diarrhées néonatales, B.V.D., paratuberculose….).

Les thèmes abordés seront, entre autres :

  • Les clôtures,
  • La gestion des mouvements d’animaux, notamment les contrôles à l’achat,
  • La protection du cheptel contre l’extérieur (pédiluve, bottes, blouse…),
  • L’abreuvement, l’arrêt du nourrissage au sol, …

 

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