Les actions de la Tuberculose

/ / VOIR LES CARACTÉRISTIQUES
DE LA MALADIE

 

Avec 36 foyers de tuberculose en 2018, notre département est à présent le plus touché nationalement. La Dordogne étant aussi fortement impactée, la Nouvelle Aquitaine totalise 85 % des cas recensés en France. Notre région est plus que jamais surveillée par l’administration centrale, et nous devons tout faire pour nous débarrasser au plus vite de ce fléau. Contention, dépistage, déclaration des suspicions et biosécurité sont les 4 conditions pour arriver à une éradication. Ne baissons pas les bras, d’autres régions françaises y sont arrivées! Tous les acteurs du sanitaire se sont relevés les manches. Nous avons quelques années difficiles devant nous, mais le résultat devrait  être à la hauteur des effort fournis.

 

DEPISTAGE : ORGANISATION 2018/2019

Au vu de l’extension géographique des cas en 2018 et de l’explosion du nombre de cas, le comité départemental tuberculose a opté, avec l’accord de la DGAL, pour une généralisation du contrôle des bovins de plus de 24 mois en IDC, annuellement. Il s’agit d’une dérogation accordée par l’état, suite à un argumentaire écrit et signé par le GDS 64 et le GTV 64, l’administration demandant, pour sa part, un contrôle sur tous les bovins de plus de 18 mois.

SURVEILLANCE DES ELEVAGES EN LIEN EPIDEMIOLOGIQUE

Lorsqu’un foyer de tuberculose est déclaré, la DDPP 64 réalise une enquête épidémiologique. Des contrôles en IDC sur tous les cheptels en lien sont réalisés.

La DDPP 64 remontant sur 10 ans dans l’historique des mouvements d’animaux avant la découverte de la tuberculose, les cheptels en lien épidémiologique (qui auraient vendu ou acheté des animaux au cheptel déclarant la tuberculose) peuvent être nombreux, surtout en cas d’élevages transhumants.

NOUVEAUTE 2019

  • Dépistage en IDC de tous les bovins de plus de 24 mois.
  • Abattage diagnostique de tous les bovins réagissants.  Grille de lecture des IDC et indemnisation en annexe 1 et 2.
  • Pas de recontrôle du cheptel 6 semaines après l’abattage du bovin réagissant si : IDC seulement douteuse Et pas d’historique de tuberculose dans le cheptel.

 

GROUPE DE TRAVAIL BIOSECURITE ET MOUVEMENTS DES BOVINS

Deux groupes de travail ont été formés et sont pilotés par le GDS 64. Pour ces deux groupes, le choix a été fait de travailler conjointement avec nos voisins des Landes, ce qui permet une cohérence dans les actions et la réglementation appliquée dans nos deux départements.  Ces groupes sont constitués de représentants professionnels et d’administratifs des structures suivantes : GDS 64, GDS 40, DDPP 64, DDPP 40, Chambre d’agriculture 64, DDTM 64, Jeunes Agriculteurs 64, FDSEA 64, Confédération Paysanne 64, ELB et GTV 64.

BIOSECURITE

Le travail du groupe a abouti, conformément à ce qui est demandé par la règlementation nationale, à l’écriture d’un arrêté préfectoral, imposant des mesures de biosécurité à mettre en place dans la zone à risque tuberculose. Parmi ces mesures, on peut citer la présence d’un kit de désinfection pour les visiteurs (pédiluve propre, sur-bottes, blouse à usage unique…), la mise en place de doubles clôtures ou de pâturages alternés, etc… Ces mesures de biosécurité, déjà imposées et contrôlées pour les élevages en abattage sélectif, sont contraignantes et peuvent engendrer des coûts pour les éleveurs. Ceci étant, elles sont indispensables, si l’on veut enrayer la progression de la tuberculose. Le GDS 64, en partenariat avec le GTV 64, proposera bientôt des formations biosécurité à tous les éleveurs de ces zones à risque, afin que chacun puisse évaluer les risques pour son propre élevage, sa marge de progression et prioriser les mesures à mettre en place.

GESTION DES MOUVEMENTS DES BOVINS

Ce groupe a commencé par lister tous les mouvements de bovins dans notre département et hors département. Il a ensuite essayé de trouver des solutions pour :

  • Avoir une meilleure connaissance de ces mouvements, qui se font parfois sans aucune déclaration (le système pour les déclarer peut ne pas être mis en place).
  • Avoir un moyen de contrôle de ces mouvements.

Le travail est en cours. Notons que le département des Landes travaille à l’écriture d’un arrêté préfectoral, imposant aux vendeurs d’herbe sur pied de se déclarer.

Rappelons à tous aussi, qu’en contexte de forte prévalence de tuberculose, il est très imprudent de continuer la pratique de « prêt de taureaux », d’autant plus qu’elle se fait souvent sans aucune déclaration, ni aucun contrôle sanitaire. Dans tous les cas, c’est une tradition qu’il est urgent d’oublier…

 

 

BONNE PRATIQUE DE REALISATION INTRADERMO (IDS ou IDS)

Une intradermo doit être réalisée dans le derme de l’animal pour que son résultat correctement interprétable.

QU’EST-CE QU’UNE INJECTION INTRADERMIQUE ?Injection Intradermique

Il s’agit d’une injection très technique. Pour une réalisation efficace par le vétérinaire, les animaux doivent être bien contenus.

LA CONTENTION EST DE LA RESPONSABILITE DES ELEVEURS

Le vétérinaire doit également pouvoir raser les animaux (en 1 ou 2 sites) et mesurer le pli de peau, avant l’injection en IDS ou IDC.

Lors de la visite de contrôle, les animaux doivent aussi être attaché pour permettre au vétérinaire de :

  • Toucher les sites d’injection
  • Mesurer les plis de peau s’il sent une réaction.

Tuberculose

C’est la différence entre le pli de peau mesuré à J3 et celui mesuré à J0 qui permet de classer les animaux non-négatifs en douteux ou positifs. Le contrôle à J3 nécessite donc que les animaux soient rentrés et attachés.

Cliquer-ici pour télécharger le document « CONTROLE DE LA TUBERCULOSE BOVINE PAR INTRADERMOTUBERCULINATION – Un contrôle nécessitant une contention parfaite ».

Pour cette campagne, le GDS 64 s’est fortement mobilisé auprès des éleveurs et des vétérinaires pour faciliter la réalisation de la prophylaxie.

Le GDS 64 finance des accompagnateurs à la totalité des cliniques vétérinaires l’ayant demandé (95 % des cliniques du département). Qu’ils soient délégués communaux, éleveurs ou salariés du groupement d’employeurs, tous les vétérinaires peuvent être accompagnés pour faciliter la réalisation de la prophylaxie. Les éleveurs et les vétérinaires y trouvent leur compte, comme nous le prouvent les divers témoignages que nous avons recueillis.

Le couloir de contention tant attendu est enfin disponible depuis le 25 janvier 2019. Sous couvert d’une convention et de 175 € (plus les frais de transport si l’éleveur ne peut pas venir le chercher), chaque éleveur adhérent peut bénéficier de ce couloir pour réaliser la prophylaxie. Il restera 3 jours dans chaque élevage (le temps du contrôle tuberculination), nettoyé par l’éleveur et désinfecté par Farago Sud Ouest.

 

ACCOMPAGNEMENT DU VETERINAIRE POUR LA PROPHYLAXIE

Depuis le début de la campagne de prophylaxie 2018/2019 et la généralisation à l’ensemble des élevages du département du contrôle de la tuberculose en Intra dermo comparative (l’IDC), le GDS 64 a mis en place un service d’accompagnement généralisé des vétérinaires, afin de permettre à tous (éleveurs et vétérinaires), une réalisation plus pratique et plus rapide de cette prophylaxie qui peut être longue, fastidieuse et dangereuse.

Les délégués communaux du GDS 64 ayant l’habitude d’accompagner le vétérinaire lors de sa tournée de prophylaxie ont été contactés pour savoir s’ils souhaitaient continuer, en sachant que la prophylaxie serait plus longue que d’habitude au vu de la lourdeur de la réalisation de l’IDC.

113 délégués communaux ont répondu présents et certains couvrent même un secteur plus large que leur seule commune.

Pour les zones sans délégués volontaires, le GDS 64 a proposé aux vétérinaires un accompagnateur permanent, soit un éleveur du secteur, soit un salarié, embauché  via le service de remplacement.

Le financement de cette action a été permis par le versement au GDS 64, d’une subvention de l’Etat de 2 € par IDC sur la campagne de prophylaxie de 2017/2018. Il faut aussi noter que les vétérinaires ont accepté de limiter fortement l’augmentation du tarif de l’acte d’intradermotuberculination pour cette campagne, afin de permettre de financer cet accompagnement.

Un bilan financier et de satisfaction de chacune des parties sera fait en fin de campagne afin d’envisager le maintien du dispositif sur les campagnes futures.

Dr Franklin CANDELLI - Vétérinaire
Entretien avec Franklin CANDELLI, docteur vétérinaire à Lembeye (60 communes en prophylaxie, 7 000 bovins en IDC cette campagne dans 178 élevages)

Le passage à une prophylaxie généralisée en IDC a considérablement allongé la durée de cette prophylaxie. La campagne dernière, où notre clientèle était déjà en majorité en IDC, nous avons fini la prophylaxie bovine avec 2 mois de retard par rapport à une année habituelle (IDS triennale).

Cette année, nous avons pris les devants et embauché une consœur 2 jours par semaine, qui ne fait que de la prophylaxie. Nous avons aussi recruté un vétérinaire en aide, qui sera lui à temps plein. La prophylaxie en IDC, pour notre structure, c’est un gros mi-temps de vétérinaire en plus pendant la période hivernale.

La bonne réalisation de l’IDC est conditionnée à une très bonne contention des animaux par l’éleveur. On peut raconter ce que l’on veut sur la technique et sur les résultats de ce test, en premier lieu, ce qu’il faut retenir, c’est que si l’animal ne bouge pas, le geste pourra être bien réalisé par le vétérinaire… à contrario, s’il bouge, le geste technique sera aléatoire.

Dans notre clientèle, il y a peu de monde sur les exploitations, nous étions souvent deux, l’éleveur et le vétérinaire, pour réaliser la prophylaxie ! Grâce à l’accompagnateur, l’éleveur n’a plus qu’à se concentrer sur son job, la contention de ses bovins. Il n’a plus à remplir des papiers, à être concentré sur des numéros, des plis de peau, etc… On ne peut pas tout bien faire ! Maintenant, l’accompagnateur est là pour ça, et il le fait bien. Il a plus l’habitude, il est concentré, il acquiert des réflexes. Depuis que nous bénéficions de cet accompagnement, il y a d’ailleurs beaucoup moins d’erreurs administratives sur nos DAP.

C’est un réel gain de temps pour tout le monde, les vétérinaires et les éleveurs qui ont souvent autre chose à faire dans leur exploitation… Il y a en plus un côté plus convivial, les éleveurs se parlent, sont contents de se retrouver ; ça recrée un peu de lien social…

Pour les jeunes vétérinaires recrutés pour la prophylaxie, l’accompagnement est un réel confort. Ils ne se perdent plus et sont présentés aux éleveurs en arrivant dans les exploitations. Ils n’arrivent plus seuls. Ce qui peut parfois être anxiogène pour les jeunes confrères, comme pour les éleveurs.

Entretien avec Franklin CANDELLI, docteur vétérinaire à Lembeye (60 communes en prophylaxie, 7 000 bovins en IDC cette campagne dans 178 élevages)

Le passage à une prophylaxie généralisée en IDC a considérablement allongé la durée de cette prophylaxie. La campagne dernière, où notre clientèle était déjà en majorité en IDC, nous avons fini la prophylaxie bovine avec 2 mois de retard par rapport à une année habituelle (IDS triennale).

Cette année, nous avons pris les devants et embauché une consœur 2 jours par semaine, qui ne fait que de la prophylaxie. Nous avons aussi recruté un vétérinaire en aide, qui sera lui à temps plein. La prophylaxie en IDC, pour notre structure, c’est un gros mi-temps de vétérinaire en plus pendant la période hivernale.

La bonne réalisation de l’IDC est conditionnée à une très bonne contention des animaux par l’éleveur. On peut raconter ce que l’on veut sur la technique et sur les résultats de ce test, en premier lieu, ce qu’il faut retenir, c’est que si l’animal ne bouge pas, le geste pourra être bien réalisé par le vétérinaire… à contrario, s’il bouge, le geste technique sera aléatoire.

Dans notre clientèle, il y a peu de monde sur les exploitations, nous étions souvent deux, l’éleveur et le vétérinaire, pour réaliser la prophylaxie ! Grâce à l’accompagnateur, l’éleveur n’a plus qu’à se concentrer sur son job, la contention de ses bovins. Il n’a plus à remplir des papiers, à être concentré sur des numéros, des plis de peau, etc… On ne peut pas tout bien faire ! Maintenant, l’accompagnateur est là pour ça, et il le fait bien. Il a plus l’habitude, il est concentré, il acquiert des réflexes. Depuis que nous bénéficions de cet accompagnement, il y a d’ailleurs beaucoup moins d’erreurs administratives sur nos DAP.

C’est un réel gain de temps pour tout le monde, les vétérinaires et les éleveurs qui ont souvent autre chose à faire dans leur exploitation… Il y a en plus un côté plus convivial, les éleveurs se parlent, sont contents de se retrouver ; ça recrée un peu de lien social…

Pour les jeunes vétérinaires recrutés pour la prophylaxie, l’accompagnement est un réel confort. Ils ne se perdent plus et sont présentés aux éleveurs en arrivant dans les exploitations. Ils n’arrivent plus seuls. Ce qui peut parfois être anxiogène pour les jeunes confrères, comme pour les éleveurs.

M. Jean François BECHACQ - Accompagnateur
Entretien avec Jean François BECHACQ, ancien éleveur de vaches laitières à Semeacq Blachon et administrateur au GDS 64 de 1993 à 2016

J’ai toujours accompagné les vétérinaires de LEMBEYE pour la tournée de prophylaxie sur ma Commune, SEMEACQ BLACHON. Et depuis la campagne dernière, quand la clientèle de mes vétérinaires est passée déjà quasi entièrement en contrôle IDC, je les accompagne très régulièrement, chaque fois que nécessaire.

Ils me font passer leur planning le vendredi après-midi, pour la semaine d’après, et je me rends disponible. Si j’ai une impossibilité, j’ai un remplaçant, un autre éleveur d’une autre commune.

Mon rôle est simple : je colle les étiquettes sur les tubes de sang, j’inscris les mesures de plis de peau relevées par le vétérinaire avant injection et je lui passe les pistolets de tuberculination. J’ai l’habitude maintenant, eux aussi, cela peut aller vite. Je m’occupe aussi de faire signer les éleveurs.

Il me semble que les éleveurs par ici sont plus habitués aussi. Ils ont l’habitude de l’année dernière et sont plus organisés. Ils ont prévus la contention, beaucoup plus qu’auparavant. Par contre, ils savent que je vais être là, donc peut-être qu’ils font moins l’effort de trouver du monde pour la prophylaxie.

De toute façon, au minimum, il faut être 3 : le vétérinaire, l’éleveur qui tient les animaux et un accompagnateur. Parfois on est 4, et là, c’est encore mieux… Seulement à deux, l’éleveur et le vétérinaire… je ne vois pas comment le travail peut être bien fait… surtout s’il n’y a pas ou peu de moyens de contention. Cette année ou de jeunes vétérinaires ont été embauchés, je les aide beaucoup pour trouver les exploitations. Ils ne perdent pas de temps sur la route ! Et puis, je les présente, ça apaise certaines appréhensions ou certaines craintes de la part des éleveurs

Ca me plait de faire ça. Si je peux encore, je le referai l’année prochaine. J’aime rencontrer les éleveurs chez eux, parler, blaguer… ça me change du quotidien, et de l’isolement dans les campagnes. C’est parfois un peu long, il fait froid… mais c’est comme ça… Par contre ce que je ne trouve pas normal, ce sont les éleveurs qui ne prévoient rien ! Même pas une corde… et on doit limite se débrouiller. Il y a aussi ceux qui annule au dernier moment… Le vétérinaire et moi-même ne sommes pas à leur disposition !

Entretien avec Jean François BECHACQ, ancien éleveur de vaches laitières à Semeacq Blachon et administrateur au GDS 64 de 1993 à 2016

J’ai toujours accompagné les vétérinaires de LEMBEYE pour la tournée de prophylaxie sur ma Commune, SEMEACQ BLACHON. Et depuis la campagne dernière, quand la clientèle de mes vétérinaires est passée déjà quasi entièrement en contrôle IDC, je les accompagne très régulièrement, chaque fois que nécessaire.

Ils me font passer leur planning le vendredi après-midi, pour la semaine d’après, et je me rends disponible. Si j’ai une impossibilité, j’ai un remplaçant, un autre éleveur d’une autre commune.

Mon rôle est simple : je colle les étiquettes sur les tubes de sang, j’inscris les mesures de plis de peau relevées par le vétérinaire avant injection et je lui passe les pistolets de tuberculination. J’ai l’habitude maintenant, eux aussi, cela peut aller vite. Je m’occupe aussi de faire signer les éleveurs.

Il me semble que les éleveurs par ici sont plus habitués aussi. Ils ont l’habitude de l’année dernière et sont plus organisés. Ils ont prévus la contention, beaucoup plus qu’auparavant. Par contre, ils savent que je vais être là, donc peut-être qu’ils font moins l’effort de trouver du monde pour la prophylaxie.

De toute façon, au minimum, il faut être 3 : le vétérinaire, l’éleveur qui tient les animaux et un accompagnateur. Parfois on est 4, et là, c’est encore mieux… Seulement à deux, l’éleveur et le vétérinaire… je ne vois pas comment le travail peut être bien fait… surtout s’il n’y a pas ou peu de moyens de contention. Cette année ou de jeunes vétérinaires ont été embauchés, je les aide beaucoup pour trouver les exploitations. Ils ne perdent pas de temps sur la route ! Et puis, je les présente, ça apaise certaines appréhensions ou certaines craintes de la part des éleveurs

Ca me plait de faire ça. Si je peux encore, je le referai l’année prochaine. J’aime rencontrer les éleveurs chez eux, parler, blaguer… ça me change du quotidien, et de l’isolement dans les campagnes. C’est parfois un peu long, il fait froid… mais c’est comme ça… Par contre ce que je ne trouve pas normal, ce sont les éleveurs qui ne prévoient rien ! Même pas une corde… et on doit limite se débrouiller. Il y a aussi ceux qui annule au dernier moment… Le vétérinaire et moi-même ne sommes pas à leur disposition !

Dr Eric LAMAZOU- Vétérinaire
Entretien avec Eric LAMAZOU, docteur vétérinaire à Oloron Ste Marie (40 communes en prophylaxie, 18 000 bovins en IDC cette campagne dans 500 élevages)

Le passage en IDC généralisée a facilement multiplié le temps de notre prophylaxie par 2 et a nécessité l’embauche d’un vétérinaire à temps plein. Pour réaliser une bonne intradermotuberculination, valable,  il faut contrôler 5 paramètres :

  • La contention des animaux
  • La technique du geste vétérinaire
  • L’acquisition et l’entretien du bon matériel
  • L’organisation du chantier par l’éleveur
  • La collecte des données de manière précise et rigoureuse.

Avec un accompagnateur, le vétérinaire et l’éleveur gagnent en confort de travail.

Le vétérinaire n’a plus besoin de se poser la question du « comment ça va se passer » ? Est ce qu’il y aura assez de monde ? ». Il sait qu’il y aura au moins une personne en plus…

L’éleveur, de son côté,  n’a pas à se soucier d’autre chose que de réaliser une bonne contention de ses animaux. Cela lui simplifie l’organisation du chantier, d’autant que les exploitations ont grandi, que les épouses  travaillent à présent souvent à l’extérieur, que les voisins ne sont plus éleveurs…

Le seul écueil est peut être que le cabinet vétérinaire n’a pas précisé sur la convocation qu’il y aurait quelqu’un pour aider, c’est pourquoi certains exploitants très organisés ont prévu du monde pour noter les plis de peau ou coller les étiquettes, comme les années d’avant… Mais bon, on n’est jamais trop nombreux.

Il faut aussi noter que la présence de l’accompagnateur rassure les éleveurs dans le sérieux et la rigueur du relevé des mesures de pli de peau. C‘est une nette amélioration vis-à-vis du renforcement de la technique du travail. Avant le vétérinaire devait mesurer, retenir les mesures, puis les noter… Là, à deux, la mesure est notée automatiquement, par une tierce personne. La perte d’information est inexistante.

Mon avis est que la mise en place de cet accompagnement, unique en France je crois, est une grande chance pour les vétérinaires et les éleveurs de notre département. Je souhaite vraiment que cette action soit maintenue dans les années futures… au moins jusqu’à ce qu’on en ait fini avec les IDC !

Entretien avec Eric LAMAZOU, docteur vétérinaire à Oloron Ste Marie (40 communes en prophylaxie, 18 000 bovins en IDC cette campagne dans 500 élevages)

Le passage en IDC généralisée a facilement multiplié le temps de notre prophylaxie par 2 et a nécessité l’embauche d’un vétérinaire à temps plein. Pour réaliser une bonne intradermotuberculination, valable,  il faut contrôler 5 paramètres :

  • La contention des animaux
  • La technique du geste vétérinaire
  • L’acquisition et l’entretien du bon matériel
  • L’organisation du chantier par l’éleveur
  • La collecte des données de manière précise et rigoureuse.

Avec un accompagnateur, le vétérinaire et l’éleveur gagnent en confort de travail.

Le vétérinaire n’a plus besoin de se poser la question du « comment ça va se passer » ? Est ce qu’il y aura assez de monde ? ». Il sait qu’il y aura au moins une personne en plus…

L’éleveur, de son côté,  n’a pas à se soucier d’autre chose que de réaliser une bonne contention de ses animaux. Cela lui simplifie l’organisation du chantier, d’autant que les exploitations ont grandi, que les épouses  travaillent à présent souvent à l’extérieur, que les voisins ne sont plus éleveurs…

Le seul écueil est peut être que le cabinet vétérinaire n’a pas précisé sur la convocation qu’il y aurait quelqu’un pour aider, c’est pourquoi certains exploitants très organisés ont prévu du monde pour noter les plis de peau ou coller les étiquettes, comme les années d’avant… Mais bon, on n’est jamais trop nombreux.

Il faut aussi noter que la présence de l’accompagnateur rassure les éleveurs dans le sérieux et la rigueur du relevé des mesures de pli de peau. C‘est une nette amélioration vis-à-vis du renforcement de la technique du travail. Avant le vétérinaire devait mesurer, retenir les mesures, puis les noter… Là, à deux, la mesure est notée automatiquement, par une tierce personne. La perte d’information est inexistante.

Mon avis est que la mise en place de cet accompagnement, unique en France je crois, est une grande chance pour les vétérinaires et les éleveurs de notre département. Je souhaite vraiment que cette action soit maintenue dans les années futures… au moins jusqu’à ce qu’on en ait fini avec les IDC !

Mme Delphine PLOUVIER- Accompagnatrice
Entretien avec Delphine PLOUVIER, compagne d’un éleveur de caprin de Ledeuix

Je suis là pour aider le véto. On s’est organisés. Je lui porte le matériel et je lui passe la tondeuse, les pistolets, je les récupère, je change les tuberculines. J’essaie vraiment de l’assister pour qu’il perde le moins de temps possible. Avec l’habitude j’arrive à anticiper. Je vais parfois à la voiture chercher ce qu’il a oublié… Je note les plis de peau sur les rapports de tuberculination et je lui colle les étiquettes sur les tubes de sang. Je travaille en binôme avec le vétérinaire, nous sommes une équipe.

J’apporte aussi une aide administrative. Je remplis les papiers directement sur l’exploitation et je les lui fais tous signer… Avec moi, il ne peut plus l’oublier !!! Il vérifie ce que j’ai rempli bien sûr, mais il n’a plus à le faire lui…. Pour les transhumants, je fais aussi le tri des animaux à prélever ou pas. Ça serait une perte de temps énorme pour lui et l’éleveur. Si je le  fais, on est tous gagnants.

Ce n’est pas difficile à faire, ceci étant, il faut quand même être solide physiquement. On attend souvent dans le froid de manière statique et c’est parfois très long. Ce travail demande beaucoup de rigueur, de sérieux. Sur la mesure des plis de peau, il ne faut pas faire de l’à peu près ; ça se joue au millimètre. Donc il faut bien écouter, faire répéter au besoin, être concentré. Il faut aussi être rapide, perspicace et faire preuve d’ingéniosité. Il faut aussi savoir se faire discrète et avoir le sens du secret professionnel. Je pense que ma présence rassure un peu les éleveurs, qui sont vraiment tous inquiets au moment de la prophylaxie. Ils ne sont plus en tête à tête avec le vétérinaire, j’essaie de les détendre, de leur parler, de les mettre à l’aise. Je suis une tierce personne, ils me parlent peut être plus facilement. C’est moins stressant pour eux, ils n’ont pas à gérer les papiers. Ce côté-là, qui peut être anxiogène, c’est mon travail… eux, ils restent avec leurs animaux. Je suis du milieu agricole, donc je crée du lien social.

C’est un travail très gratifiant que j’aime beaucoup  faire. J’ai découvert le monde des vétérinaires de l’autre côté, et je rencontre des éleveurs différents, parfois stressés, parfois râleurs mais toujours accueillants. La diversité de ces rencontres m’enrichit.

Entretien avec Delphine PLOUVIER, compagne d’un éleveur de caprin de Ledeuix

Je suis là pour aider le véto. On s’est organisés. Je lui porte le matériel et je lui passe la tondeuse, les pistolets, je les récupère, je change les tuberculines. J’essaie vraiment de l’assister pour qu’il perde le moins de temps possible. Avec l’habitude j’arrive à anticiper. Je vais parfois à la voiture chercher ce qu’il a oublié… Je note les plis de peau sur les rapports de tuberculination et je lui colle les étiquettes sur les tubes de sang. Je travaille en binôme avec le vétérinaire, nous sommes une équipe.

J’apporte aussi une aide administrative. Je remplis les papiers directement sur l’exploitation et je les lui fais tous signer… Avec moi, il ne peut plus l’oublier !!! Il vérifie ce que j’ai rempli bien sûr, mais il n’a plus à le faire lui…. Pour les transhumants, je fais aussi le tri des animaux à prélever ou pas. Ça serait une perte de temps énorme pour lui et l’éleveur. Si je le  fais, on est tous gagnants.

Ce n’est pas difficile à faire, ceci étant, il faut quand même être solide physiquement. On attend souvent dans le froid de manière statique et c’est parfois très long. Ce travail demande beaucoup de rigueur, de sérieux. Sur la mesure des plis de peau, il ne faut pas faire de l’à peu près ; ça se joue au millimètre. Donc il faut bien écouter, faire répéter au besoin, être concentré. Il faut aussi être rapide, perspicace et faire preuve d’ingéniosité. Il faut aussi savoir se faire discrète et avoir le sens du secret professionnel. Je pense que ma présence rassure un peu les éleveurs, qui sont vraiment tous inquiets au moment de la prophylaxie. Ils ne sont plus en tête à tête avec le vétérinaire, j’essaie de les détendre, de leur parler, de les mettre à l’aise. Je suis une tierce personne, ils me parlent peut être plus facilement. C’est moins stressant pour eux, ils n’ont pas à gérer les papiers. Ce côté-là, qui peut être anxiogène, c’est mon travail… eux, ils restent avec leurs animaux. Je suis du milieu agricole, donc je crée du lien social.

C’est un travail très gratifiant que j’aime beaucoup  faire. J’ai découvert le monde des vétérinaires de l’autre côté, et je rencontre des éleveurs différents, parfois stressés, parfois râleurs mais toujours accueillants. La diversité de ces rencontres m’enrichit.

Le mot du Président
Historiquement, dans notre département, les délégués communaux du GDS accompagnaient les vétérinaires lors de leur tournée de prophylaxie. Au fil du temps, cette tradition s’est perdue dans beaucoup d’endroits et a continué dans certaines poches de résistances. Pourquoi ? Les habitudes de chacun… les vétérinaires ont maintenu des tournées de prophylaxie et non pas à faire un éleveur par-ci par-là, et ils ont continué à appeler les délégués communaux systématiquement…. Dans d’autres coins, au dire de chacun, ça ne se fait plus depuis belle lurette et les vétérinaires actuellement en activité n’ont même pas connu le système fonctionnant.

Les temps ont changé, les exploitations sont de plus en plus grosses, les exploitants sont souvent seuls… les délégués n’ont souvent plus le temps d’accompagner les prophylaxies qui, avec la généralisation de l’IDC durent parfois plus de 6 jours sur certaines communes, et parallèlement il y a moins de monde dans les exploitations  pour aider lors de la prophylaxie. Nous étions dans l’obligation de rétablir une équité géographique dans notre département. Pourquoi à certains endroits le vétérinaire était accompagné, et ailleurs il était seul… le pénalisant lui, mais aussi les éleveurs ?

Les éleveurs de notre département ont tout intérêt à ce que cette prophylaxie soit bien faite partout, afin qu’elle soit moins longue et que nous nous débarrassions plus rapidement de la tuberculose. L’accompagnement est un des piliers de cette bonne réalisation. C’est pourquoi nous avons fait le choix de le financer, dans l’intérêt du sanitaire et des exploitants bovins de notre département.

Guy PEMARTIN

Historiquement, dans notre département, les délégués communaux du GDS accompagnaient les vétérinaires lors de leur tournée de prophylaxie. Au fil du temps, cette tradition s’est perdue dans beaucoup d’endroits et a continué dans certaines poches de résistances. Pourquoi ? Les habitudes de chacun… les vétérinaires ont maintenu des tournées de prophylaxie et non pas à faire un éleveur par-ci par-là, et ils ont continué à appeler les délégués communaux systématiquement…. Dans d’autres coins, au dire de chacun, ça ne se fait plus depuis belle lurette et les vétérinaires actuellement en activité n’ont même pas connu le système fonctionnant.

Les temps ont changé, les exploitations sont de plus en plus grosses, les exploitants sont souvent seuls… les délégués n’ont souvent plus le temps d’accompagner les prophylaxies qui, avec la généralisation de l’IDC durent parfois plus de 6 jours sur certaines communes, et parallèlement il y a moins de monde dans les exploitations  pour aider lors de la prophylaxie. Nous étions dans l’obligation de rétablir une équité géographique dans notre département. Pourquoi à certains endroits le vétérinaire était accompagné, et ailleurs il était seul… le pénalisant lui, mais aussi les éleveurs ?

Les éleveurs de notre département ont tout intérêt à ce que cette prophylaxie soit bien faite partout, afin qu’elle soit moins longue et que nous nous débarrassions plus rapidement de la tuberculose. L’accompagnement est un des piliers de cette bonne réalisation. C’est pourquoi nous avons fait le choix de le financer, dans l’intérêt du sanitaire et des exploitants bovins de notre département.

Guy PEMARTIN

 

GESTION DES RESULTATS NON NEGATIFS DE LA PROPHYLAXIE

En cas de suspicion en élevage la DDPP64 préviendra l’éleveur qui devra appliquer le protocole suivant :

GRILLE DE LECTURE ET D’INTERPREATION DES REACTIONS EN INTRA DERMO TUBECULINATION -> Cliquer-ici

UN DE MES BOVINS REAGIT EN IDC A LA PROPHYLAXIE : QUE VA T’IL SE PASSER ? -> Cliquer-ici

 

DEROGATION ABATTAGE TOTAL  : LE PROTOCOLE D’ABATTAGE SELECTIF

Bien que l’abattage total reste la règle en cas de foyer avéré de tuberculose, la note de service du 4 juillet 2014 autorise, dans certains cas, sur demande de l’éleveur et après accord de la DGAL, à recourir à l’abattage sélectif.

Le protocole d’abattage sélectif étant relativement complexe et contraignant, l’éleveur en faisant la demande reçoit au préalable des explications précises sur les contraintes engendrées, lors d’une visite conjointe DDPP 64, Vétérinaire sanitaire de l’élevage et GDS 64. Ces trois parties sont amenées à donner leur avis à la DGAL sur la faisabilité du protocole dans l’élevage (isolement réalisable, moyens de contention pour les contrôles successifs, …).

Le protocole d’abattage sélectif repose, après un premier abattage des animaux ayant un lien proche avec le ou les animaux porteurs de la tuberculose au sein du cheptel (mère, filles, cohorte…), sur la succession d’au minimum 3 contrôles de la totalité des bovins de plus de 6 semaines en I.D.S. et d’un dosage de l’interféron (les contrôles étant espacés de 2 à 6 mois).

Pour retrouver son statut « officiellement indemne », l’élevage devra justifier de 3 contrôles successifs entièrement favorables, et avoir nettoyé et désinfecté ses bâtiments d’élevage.

 

LES CONTRAINTES DE L’ABATTAGE SELECTIF

Outre les avantages évidents pour les éleveurs désirant conserver la génétique de leur troupeau et ne pas voir la totalité de leurs animaux abattus, le protocole d’abattage sélectif est relativement contraignant et ne pourra pas être applicable à toutes les situations.

Le cheptel perd sa qualification pendant au moins 6 à 8 mois. De ce fait, il devra rester isolé :

  • Il ne pourra pas transhumer.
  • Les animaux ne pourront pas être vendus pour une autre destination que l’abattoir.
  • L’isolement doit être possible, avec notamment l’obligation de mettre en place des doubles clôtures, espacées de 4 mètres, sur toutes les parcelles mitoyennes de parcelles pâturées.
  • Les règles de biosécurité doivent être respectées :
  • Gestion de l’accès à l’eau dans les pâtures.
  • Mise en place de pédiluves.

Une période de mise à l’herbe assez longue doit être prévue, pour pouvoir désinfecter les bâtiments d’élevage en fin de protocole.

 

INDEMNISATION DE L’ETAT EN CAS D’ABATTAGE SELECTIF

Une expertise du troupeau est réalisée avant le début du protocole, comme pour un abattage total.

Les experts doivent indiquer les valeurs des animaux par classe d’âge, pour permettre une indemnisation si, plus tard, les animaux sont abattus en cas de résultat positif aux dépistages successifs. Vu l’étalement du protocole dans le temps, les animaux peuvent être abattus à des stades physiologiques différents du jour de l’expertise. Leur  valeur économique est alors ajustée.

Pendant l’abattage sélectif ; l’élevage doit être géré comme s’il n’était pas en abattage sélectif. Les broutards vendus d’habitude en export doivent être élevés jusqu’à l’âge habituel de vente, mais partir pour l’abattoir et non pour la vie. L’Etat indemnisera la différence entre la valeur d’un broutard estimé par les experts et le prix de la viande payé par l’abattoir.

Cas particuliers de l’abattage des petits veaux (< 4 mois) dont les mères doivent être abattues car réagissantes :

Si l’éleveur n’a pas la possibilité de nourrir ces petits veaux, ils pourront être euthanasiés. La prise en charge financière de ces veaux est faite par l’Etat, via GDS France, à hauteur de 40 € par veau laitier et de 350 € par veau allaitant (cette règle vaut aussi pour les abattages diagnostique).

 

AUDIT BIOSECURITE

Afin d’appuyer la demande de dérogation transmise à la DGAL, un audit de biosécurité doit être réalisé dans l’élevage. L’objectif est de repérer toutes les pratiques à risque vis-à-vis de la tuberculose. Il faut éviter que le cheptel contamine d’autres élevages ou la faune sauvage pendant la période d’assainissement, mais aussi empêcher sa propre recontamination les années suivant son assainissement. Les conseils donnés lors de cette visite permettent d’améliorer la biosécurité des élevages et de se prémunir contre beaucoup de maladies infectieuses (diarrhées néonatales, B.V.D., paratuberculose….).

  • Les thèmes abordés seront, entre autres :
  • Les clôtures,
  • La gestion des mouvements d’animaux, notamment les contrôles à l’achat,
  • La protection du cheptel vis-à-vis de l’extérieur (pédiluve, bottes, blouses…),
  • L’abreuvement, l’arrêt du nourrissage au sol…

 

 

[Haut]